Brève histoire des associations
d'Évadés de France,
internés en Espagne.
L'UNION DES ÉVADÉS, fut la première association
fondée en 1943 alors qu'un afflux de jeunes gens parvenait enfin en Afrique du Nord.
Cette association fut fondée par le capitaine de Récy, officier amputé
d'un bras, Évadé de France par l'Espagne. Son premier siège fut situé à Alger. Elle
compta environ 20.000 adhérents à la date de la Libération de la France. A ce moment le
siège fut transféré à Paris. Grâce au capitaine de Récy, l'Évasion de France fut
classée comme acte de Résistance, ce qui lui permit d'obtenir un immeuble avenue des
Champs-Élysées pour y établir son siège.
Cette jeune association disparut malheureusement vers 1948 par
suite d'une gestion hasardeuse qui entraîna des difficultés financières et leur suite.
Il y eut alors un vide associatif entre 1950 et
1960. Il faut bien comprendre qu'alors le principal souci des anciens engagés de retour
à la vie civile était plutôt orienté vers la recherche ou la consolidation d'une
activité professionnelle rémunératrice. Les emplois étaient raréfiés en raison de la
disparition de nombreuses entreprises pendant la guerre & de la fermeture de quelques
autres pour faits de collaboration. Quant à celles qui existaient encore, dont les places
étaient occupées pour beaucoup par des attentistes qui avaient traversé la période du
conflit dans une relative quiétude non engagée, elles embauchaient peu en attendant une
reprise.
Une nouvelle association nationale avait vu le jour
en 1960. Son siège social était hébergé par une association d'officiers, boulevard de
Strasbourg à Paris. La direction en était assurée par Louis Moreau et Benzaquin.
Louis Moreau se dépensa en voyageant dans la France entière pour créer des sections
départementales groupant d'anciens Évadés. Le projet était de pouvoir constituer des
dossiers afin de permettre aux Évadés de France, et à ce titre, d'obtenir la
reconnaissance des dommages corporels et psychiques qu'ils avaient subis durant leur
évasion et leur enfermement.
L'exemple d'un Évadé de France interné en Espagne qui avait agi à titre individuel,
par voie de Justice pour enfin obtenir une pension, servit probablement de moteur.
Robert-André Vivien qui fut député du Val de
Marne entre 1962 et son décès en 1995 avait obtenu que le titre d'Évadé de France soit
porté dans un amendement au budget. C'était en 1968, l'amendement fut voté par les
Assemblées. Mais le Ministre de l'Economie et des finances V. Giscard d'Estaing
prévoyant la dévaluation qui eut lieu en 1969 (11,1%) exigea que tous les amendements
soient abrogés.
Vers 1970, la présidence de l'association passa au
général Pelte jusqu'à 1975 ou l'Assemblée générale excédée par un fonctionnement
excessivement règlementaire poussa le président à démissionner.
Le Père Maurice Cordier, Évadé de France, fut poussé par l'Assemblée à prendre la
présidence, ce qu'il accepta à la condition de disposer d'un secrétaire appointé en
raison des charges de son Ministère religieux. Un secrétaire à mi-temps fut recruté
parmi les Évadés de France.
Dans le propos d'éviter certains errements qui avaient pu entacher le fonctionnement
passé, le Ministre imposa la surveillance d'un Préfet, ce qui fut accepté sans
obstacle.
L'Association nationale s'est constituée en Confédération qui
rassemblait les diverses Associations départementales ou régionales qui s'étaient
organisées.
La Confédération eut son Siège à Paris, rue Guillaumeau, proche de la Gare de Lyon,
puis se déplaça à Fontenay sous Bois pour se rapprocher de la Direction
Interdépartementale des Anciens Combattants dans les locaux de laquelle se réunissaient
les Commissions de Réforme statuant sur chacun des cas présentés.
Un très important travail de relations avec les Ministères concernés fut conduit
par le Président de la Confédération Nationale des Évadés de France et Internés en
Espagne afin que chacun puisse obtenir ses droits, à savoir : les pensions normalement
destinées à ceux qui avaient subi les dommages corporels de l'internement en Espagne,
dommages inventoriés par les Experts des Commissions de Réforme, et aussi postuler pour
les différentes décorations relatives aux actes de Résistance et d'Engagement, de
Réfractaire, d'Évasion, etc...
La Confédération exista jusqu'à l'année 2000 et procéda à sa dissolution car le
nombre d'adhérents global des Associations ayant alors fortement diminué naturellement
par les disparitions des membres, il n'était plus possible de poursuivre une activité
qui devenait plus représentative qu'active.
A part le rôle utilitaire des Associations et de la
Confédération, chacun de nous a pu apprécier le rapprochement avec les autres
adhérents. Outre les amitiés de Corps militaire, nous Évadés de France, internés en
Espagne avons quelque chose de plus : d'avoir réalisé chacun isolément, sans
concertation aucune, sans préparation, à l'instinct, un acte de Résistance improvisé
qui nous a privé de plusieurs mois de notre jeunesse dans la souffrance physique et
mentale d'un injuste enfermement. Et tous nous nous sommes engagés dans des Armes
diverses.
De toutes les
Armes, nous effaçons entre nous le légitime esprit de Corps, nous sommes Évadés de
France par priorité.
Certaines Associations ont persisté quelque temps,
soit seules, soit en regroupant des départements, il en demeure très peu en 2008.
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